Durant la 2de guerre mondiale, Dompierre fut un haut lieu de la Résistance. Pourquoi Dompierre ? Pour sa position centrale, son bocage, le couvert du Bois des Gâts... Et grâce au courage des jeunes combattants du Maquis R1 et des habitants, qui auront permis deux parachutages d'armes et contribué à la libération du territoire...

373 jeunes résistants

L’histoire du Maquis R1, R comme Roche et 1 comme 1er maquis de Vendée, c’est celle de373 jeunes résistants vendéens (70 % de l’effectif avait entre 17 et 22 ans) qui ont eu le cran de rejoindre Dompierre (on ne disait pas encore « sur-Yon » en 1944) pour défendre leur pays, avec comme seules armes leur détermination et leur courage. Des fermiers, commerçants, artisans locaux, n’ont pas hésité à prendre des risques dont on a peine à mesurer aujourd’hui l’ampleur pour les soutenir. Des responsables civils et militaires ont su mettre sur pied et faire vivre une organisation capable, non seulement de résister à l’armée d’occupation, mais de la faire reculer et enfin capituler.

Tout se joue en août 44. Les petits groupes de résistants de Vendée sont invités à se regrouper sur R1. Les réseaux s’organisent autour du Château de Rortheau, des fermes alentours, de Berthommé le boucher, de Bouchière de la Maison de Neuve… La Résistance compte à Dompierre de nombreux amis sûrs, qui ont assuré Bouhier et Bossis, à la manœuvre pour organiser R1, de l’aide et du soutien de toute la population. Les faits s’enchaînent, avec l’arrivée le 21 août des trois parachutistes d’un des 100 groupes JEDBURGH de France. C’est ce groupe, avec Pierre CHAQUIN, aujourd’hui Général, et sous la conduite du Major MONTGOMERY, qui en lien avec Londres va organiser les opérations, bénéficiant pour sa sécurité du soutien et de l’hébergement offert dans nos très nombreuses fermes. C’est avec émotion que le Major MONTGOMERY est revenu ici en 1984…

Deux dates importantes sont rappelées par la stèle édifiée au cœur du Bois des Gâts : le 26 août et le 10 septembre 44 : deux parachutages d’armes ont lieu dans le Bois des Gâts. La veille, le message diffusé par la radio a été claire : “La maison est en briques rouges”… C’est le signal ! Tout le monde s’affaire, depuis les fermes ou charrettes et bœufs se mettent en branle vers le terrain du parachutage. Une logistique qui va se révéler déterminante. Les jeunes résistants vont risquer leur vie ces deux nuits-là pour réceptionner les deux parachutages d’armes les plus importants de Vendée et les seuls à avoir pu aboutir. Les 29 tonnes d’armes vont être livrées dans les différents maquis, pour libérer Les Sables d’Olonne le 28 août et la Roche-sur-Yon le 17 septembre, puis poursuivre le combat avec d’autres groupes de résistants dans les poches de Pornic, Saint-Nazaire et Savenay…

Pour que le souvenir perdure à jamais

Commemoration-1
  • Chaque 30 août, Dompierre-sur-Yon commémore le souvenir de toutes celles et tous ceux qui ont défendu notre liberté et nos valeurs…
    Devant la stèle du Bois des Gâts, la commémoration du 30 août rappelle leurs hauts faits et hommage leur est rendu par une forte assistance d’anciens combattants (UNC départementale et locale), porte-drapeaux, membres de l’Association des véhicules militaires historiques de Vendée, élus, membres du conseil des Sages, du conseil municipal des jeunes, de l’Association dompierroise de sauvegarde du patrimoine, habitants… C’est un rendez-vous inscrit dans l’ADN dompierrois, dans les pas de la jeunesse de 1944 et de ses engagements, dans les pas de celles et ceux qui ont engagé et perpétué ce souvenir, dont beaucoup sont seulement présents par le souvenir que nous avons d’eux et par les traces qu’ils ont laissées. Mais d’autres se lèvent à mesure, et nous sommes toujours nombreux ici, et de plus en plus, forts aussi d’une jeunesse qui s’intéresse et admire…
  • Dompierre-sur-Yon baptise régulièrement des rues locales d’odonymes relatifs à la Résistance : place de la Résistance, rues du Maquis R1, rues Justinien GILLAIZEAU, Madeleine CHUSSEAU, Maurice BOUCHIÈRE, Auguste BERTHOMMÉ, impasse du colonel Albert ROULLEAU…
  • L’Association dompierroise de sauvegarde du patrimoine consacre animations et travaux à l’histoire du Maquis R1. Membre de l’ADSP et historienne, Rose PASQUEREAU a écrit plusieurs ouvrages sur ce thème : “Sur le front de Pornic, les Résistants du Maquis R1 de Dompierre”. Ce livre contient deux documents inédits : le journal de marche du 2e bataillon du 93e régiment d’infanterie et l’état nominatif des combattants qui ont lutté sur le front de Pornic.
    “Justinien Gillaizeau, un Résistant vendéen au Struthof” : ce Dompierrois, résistant et agent du réseau Alliance, cacha des clandestins juifs et anglais dans son château de la Braconnière. Arrêté le 7 janvier 1944, il sera fusillé au camp de Struthof dans la nuit du 1er au 2 septembre 1944.
    Un autre ouvrage est en cours de rédaction sur Madeleine CHUSSEAU : cette infirmière nantaise n’a pas 20 ans quand elle est incorporée au Maquis R1 sous le matricule 1117 le 1er août 44. Agent de renseignement puis chef de peloton, elle participe aux parachutages d’armes puis participera à la reddition de la Poche de Saint-Nazaire/Pornic le 11 mai 45.

À NOTER !

Le festival culturel “Les Autres Voies”, consacrera une large part de son programme à l’histoire de la Résistance

  • Dans le cadre d’un projet de valorisation historique entériné par la commune, l’association Les Méandres (étudiants de l’École du Louvre et de l’École nationale des Chartes) va créer et disposer des “lutrins”, supports d’informations patrimoniales et historiques dans la ville et sur les chemins dompierrois. Un circuit entier sera consacré à la Résistance.
  • D’autre part, une création théâtrale de la compagnie “Le menteur volontaire”, Laurent BRETHOME, comédien et metteur en scène renommé… et avec des racines dompierroises, proposera une création théâtrale originale de la compagnie “Le menteur volontaire”, autour d’écrits de l’historienne Rose PASQUEREAU et de témoignages d’anciens de Dompierre-sur-Yon, ravivant leurs souvenirs d’enfants durant la 2e guerre mondiale.

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