La médaille et le diplôme de « Juste parmi les Nations » décernés à Justinien GILLAIZEAU par Yad Vashem, Centre mondial de la Mémoire de l’Holocauste, seront remis à ses ayants droit Roland et Colette PICHOT, lors d’une cérémonie organisée le 24 novembre à 14h30 (salle Magaud).

Le titre de « Juste parmi les Nations » a été décerné à titre posthume à Justinien GILLAIZEAU pour avoir hébergé pendant plus d’une année, à ses risques et périls et à plusieurs reprises de 1940 à 1944, dans son château de La Braconnière une famille juive : Philippe BLÜMENFELD, son épouse Anne, née GOLD et leurs enfants, Betty, Simone, Jacques et Francine. 

En 1940 lorsque la guerre éclate, la famille BLUMENFELD vit au Vésinet, en Seine et Oise. Philippe, le père (né en Roumanie en 1886) tient une boutique de linge de maison avec son épouse Anne GOLD (née à Londres en 1902). Ils décident de fuir la région parisienne en raison de la menace allemande. A l’époque, ils ont déjà trois enfants Betty, née en 1922 Simone née en 1925 et Jacques, né en 1929.                               

Ils se rendent tous les cinq à Dompierre-sur-Yon, en Vendée, chez Justinien GILLAIZEAU et y restent de mai à septembre 1940 avant de regagner la région parisienne pour la rentrée scolaire, pensant qu’il n’y a plus de risques.
Justinien GILLAIZEAU est né le 28 février 1881. Propriétaire d’un domaine agricole, il vit au château de la Haute Braconnière. Marié, père d’un enfant, il perdra d’abord son jeune fils de maladie en 1925 puis sa femme en 1936. Très engagé dans la vie locale, conseiller municipal de 1929 à 1935, il aide ses concitoyens avec zèle et générosité.
Il se rend souvent à Paris où réside un de ses amis, Louis-Marie Dupond et c’est par son intermédiaire qu’il rencontre Philippe BLUMENFELD. Sous l’occupation allemande, il déploie ses qualités de coeur et son patriotisme en accueillant des réfugiés, des clandestins, tels deux anglais dont l’avion s’est écrasé en forêt d’Aizenay ainsi que la famille BLUMENFELD. Il est résistant, membre du réseau de renseignements ALLIANCE.

En Janvier 1941 les BLUMENFELD reviennent se mettre à l’abri des menaces anti-juives chez Justinien GILLAIZEAU, pour une durée d’environ 5 mois, puisque leur quatrième enfant, Francine, vient au monde au Vésinet en juillet de la même année. Au plus fort de la menace nazie et de l’intensification des mesures anti-juives du gouvernement de Vichy, de l’été 1942 à l’hiver 1944, ils reviendront s’y réfugier pour la troisième fois avec leurs quatre enfants et Françoise, leur gouvernante.

La gestapo a déjà démantelé une grande partie du réseau ALLIANCE en France quand elle vient arrêter Justinien GILLAIZEAU le 7 janvier 1944 à la Haute Braconnière. Ce jour là, Philippe BLUMENFELD, sa femme et sa dernière fille âgée de trois ans sont présents au château. Par chance, les trois aînés, Betty, Simone et Jacques sont en pension. Dans la confusion de l’arrestation, Philippe BLUMENFELD pense que la gestapo est là pour l’interpeller. Il tente de fuir sous les yeux des allemands et se fait arrêter. Sa femme
parvient à fuir avec sa plus jeune fille et se réfugie chez le docteur Marcel FOUCAUD.

Emprisonné à la prison de Pierre Levée à Poitiers, sous un double chef d’accusation d’appartenance au réseau de Résistance ALLIANCE et l’hébergement d’un nommé BLUMENFELD que l’on « suppose être Juif », Justinien sera transféré à la prison de Fresnes, puis déporté au camp de Schirmeck. Il sera fusillé le 1er septembre 1944 ainsi que 105 camarades du réseau ALLIANCE au camp du Struthof, en Alsace.

Emprisonné au motif qu’il « serait Juif », Philippe BLUMENFELD restera à la prison de Pierre Levée jusqu’à la Libération et retrouvera sa femme et ses quatre enfants sains et saufs.

En 1947, Justinien GILLAIZEAU sera promu sous Lieutenant à titre posthume et honoré par la Croix de guerre.

La médaille et le diplôme de Juste parmi les Nations lui ont été attribués par YAD VASHEM, Centre mondial de la Mémoire de l’Holocauste. Le dossier a été instruit à l’initiative de Rose PASQUEREAU membre de l’Association Dompierre Patrimoine, auteur du livre « Justinien GILLAIZEAU, un résistant vendéen au Struthof » qui a mis tout en oeuvre pour rassembler les nombreux témoignages et pièces administratives, avec l’aide de la famille PICHOT, Éliane et Claude UNGAR du Comité français pour YAD VASHEM, Guy CARAES membre de l’Association du Patrimoine Rennais, et Alain PALLATIER (ancien Président de l’Association Dompierre Patrimoine).